La pratique de l'Aikido Takemusu
L’Aikido est généralement perçu comme un sport. Il relève dans la plupart des pays de la compétence du ministère des sports. Certes le pratiquant d’Aikido exerce son corps. Et cet exercice est excellent pour acquérir force et santé.
De plus, quand le corps agit l’esprit n’est pas tenu à l’écart, il est partie prenante. Et l’on peut penser à bonne raison que la pratique sportive authentique développe chez l’individu des valeurs telles que l’attention, la concentration, l’observation et l’analyse, la prise de décision, le sens de l’effort, le courage, le respect de l’adversaire, et d’autres vertus encore.
Si l’esprit s’élève de la sorte en même temps que le corps se renforce, on ne peut que s’en féliciter. Et à cet égard, quand bien même l’Aikido ne serait qu’un sport, il aurait déjà un intérêt.

Mais l’Aikido est plus que cela, l’Aikido est Takemusu.
L’Univers n’a pas été créé sans règle. La vie n’apparaît pas sans qu’un principe soit à l’œuvre derrière les formes manifestées. Et la recherche d’une bonne coordination du corps et de l’esprit à travers l’usage des techniques d’Aikido ne vise pas seulement l’efficacité martiale. Elle n’a pas davantage pour objet la seule esthétique des formes.
La raison des mouvements d’Aikido est d’enseigner au pratiquant comment agir en conformité avec les lois qui sont au cœur de ce monde.
Mais comment le mouvement d’un corps et d’un esprit unis peut-il être conforme au dessein de l’univers ? Comment l’homme doit-il se comporter pour que – grâce au mouvement qu’il exécute – son destin personnel se confonde avec le destin de l’Univers ?
Devenir un avec l’Univers à travers un mouvement unifié du corps et de l’esprit qui respecte et utilise le principe autour duquel cet Univers est organisé, voilà l’objectif qui est proposé au pratiquant d’Aikido qui tourne son visage vers Takemusu. C’est la quête d’une vie.

Trois champs d'étude
Les trois champs d’étude qui forment ensemble le programme de l’apprentissage (la lance, le sabre et les mains nues), semblent au premier abord autant de domaines différents. Il faut des années de pratique assidue pour que le fil rouge qui les unit apparaisse enfin clairement à l’élève sincère. Cette relation porte en japonais le nom de riai.
L’enseignement dont il s’agit est tout à fait concret, ce n’est pas un vain discours. Il est vérifiable par l’expérimentation. Ce n’est pas une simple tendance de l’Aikido, ce n’est pas un style, c’est l’enseignement du Fondateur Morihei Ueshiba.
Si l’on retire à l’Aikido la dimension que lui confère Takemusu alors on réduit purement et simplement l’art d’O Sensei à un sport ou a une élégante chorégraphie.
